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Pousser la porte du cabinet : Comment se déroule la première séance avec un adolescent ?

  • Photo du rédacteur: Philippe Monchaux
    Philippe Monchaux
  • 29 mai
  • 3 min de lecture

Pour un adolescent, franchir pour la première fois le seuil d’un cabinet de thérapie est une démarche impressionnante, souvent teintée d'appréhension. Vais-je devoir tout raconter ? Est-ce que le psy va répéter mes secrets à mes parents ? Suis-je "bizarre" d'être là ?

Du côté des parents, l'attente est également forte, mêlée parfois d'un sentiment de culpabilité ou d'impuissance.

En tant que psychopraticien certifié, mon premier objectif est de désamorcer ces angoisses. La première séance est une étape cruciale de rencontre et de mise en confiance. Voici concrètement comment elle se déroule.

Étape 1 : L'accueil partagé (parents et adolescent)

La séance commence toujours par un temps d’accueil collectif d’environ 15 à 20 minutes, en présence de l'adolescent et du ou des parents qui l'accompagnent.

  • Le motif de consultation : Chacun s'exprime sur la situation. Je demande d’abord à l’adolescent comment il vit les choses (s’il souhaite s’exprimer), puis je donne la parole aux parents pour qu’ils partagent leurs inquiétudes. Il n'est pas rare que les points de vue divergent, et c’est tout à fait normal.

  • Le cadre et les règles du jeu : C’est le moment où je pose les bases de notre collaboration. J'explique clairement le fonctionnement des séances, le rythme des rendez-vous, mais surtout, je pose la règle d'or : la confidentialité.

💡 Le point clé de la confiance : J’explique aux parents, devant l’adolescent, que ce qui se dira ensuite en tête-à-tête restera strictement entre lui et moi. Sans cette garantie de secret professionnel, l'adolescent ne pourra pas se livrer en toute sécurité. Les parents seront bien sûr informés de l'évolution globale, mais jamais du détail des confidences (sauf, évidemment, en cas de danger immédiat pour le jeune).

Étape 2 : L'espace individuel (l'adolescent en tête-à-tête)

Les parents sont ensuite invités à patienter en salle d'attente. C’est là que commence la véritable rencontre avec l’adolescent, pour une trentaine de minutes.

  • Faire connaissance autrement : On ne parle pas tout de suite des "problèmes". Nous échangeons sur son quotidien, ses passions, sa musique, ses amis, ses jeux vidéo ou le sport. L’idée est de le rencontrer dans sa globalité, pas seulement à travers le prisme de ses difficultés.

  • Libérer la parole (ou le silence) : Certains ados parlent beaucoup, d'autres restent silencieux ou sur la défensive, surtout s'ils ont l'impression d'avoir été "traînés" ici. En tant que psychopraticien, je m'adapte à son rythme. S'il n'a pas envie de parler, nous pouvons utiliser des médiateurs (le dessin, des cartes d'émotions, ou simplement l'écriture) pour amorcer le dialogue. Il n’y a aucune obligation de résultat lors de cette première heure.

  • Valider ses besoins : Je lui demande directement : « Qu’est-ce que, TOI, tu aimerais changer ou améliorer dans ta vie en ce moment ? » pour l'aider à s'approprier la démarche.

Étape 3 : La restitution et la clôture

Les 5 à 10 dernières minutes de la séance réunissent à nouveau tout le monde.

  • Le débriefing : Je ne fais pas un rapport de ce que l'adolescent m'a dit. En revanche, nous validons ensemble (le jeune et moi) ce que nous souhaitons partager aux parents.

  • La décision finale : C'est l'adolescent qui a le dernier mot sur la suite. Je lui propose de prendre un temps de réflexion, ou de décider tout de suite s'il se sent prêt à faire une deuxième séance. Forcer un adolescent n'a aucun sens sur le plan thérapeutique ; il doit être acteur de sa démarche.

Le mot du professionnel

Cette première séance ne guérit rien en soi, mais elle pose les fondations de l'alliance thérapeutique. Mon rôle de psychopraticien est d'offrir à votre enfant un terrain neutre, bienveillant, et dénué de tout jugement académique ou familial. C'est un espace où il peut enlever son masque, déposer son sac à dos émotionnel, et réapprendre, pas à pas, à avancer plus sereinement.

Vous souhaitez aider votre adolescent à traverser une période difficile ? Contactez mon cabinet pour échanger ou planifier une première séance de rencontre.

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